SAINT-SATURNIN
Saint Saturnin. Le village et son église.
Saint Saturnin est un village refuge établi sur une crête balsatique avec une pente abrupte côté sud dominant une petite rivière, la Monne (B). Alimenté en eau par une résurgence issue des hauteurs amont ( C) et exploité par un puits (D), le site est de bonne viabilité. Sans doute réoccupé dès le Bas Empire, il vivra avec une défense amont confiée à un homme d'arme qui va s'ériger en seigneur du lieu. Une petite église installée au centre de l'agglomération est dédiée à Saint Saturnin. En 1040, Odilon, abbé clunisien de Souvigny fonde là une communauté bénédictine. La belle église romane ne sera construite qu'au XII°s. tandis que la modeste défense amont devient château comtal fixé au XII°s. (E) . A la même époque, une enceinte (F) protège le château et le prieuré tandis qu'une agglomération basse s'installe en aval (G), elle aussi protégée par une défense (H). Les tours et courtines latérales (J,K) épousent la crête.
Née sur les pentes du Sancy, la Monne, petit affluent de l'Allier a creusé son cours moyen dans de profondes vallées. Elle sera rejointe par la Veyre de même origine et leur confluent forme un éperon rocheux, étroit et très caractérisé. Bordé de pentes abruptes, il est naturellement protégé et facile à défendre côté plateau avec une courte muraille. Le site a tenté les hommes en toute période d'insécurité et sa fixation définitive se fera à la période du Bas Empire. Au début du XI°s., la petite agglomération fait partie du patrimoine des Mercœur d'Auvergne et Saint Odilon, abbé de Cluny et- illustre rejeton de cette famille, décide de faire construire un prieuré pour desservir les villageois. Cette église qui n'est sans doute pas la première sera dédiée à Saint Saturnin et le village prendra ce nom. L'édifice se trouve non loin de la pointe de l'éperon et la défense qui protège le plateau est déjà flanquée d'un château. L'église contemporaine date du milieu du XÎI°s. et fut sans doute construite en même temps que celle d'Issoire, début des travaux vers 1140. La nef (A) longue de quatre travées demeure fidèle au parti provincial avec structures externes (B) et absence d'arcs de décharge (C), l'ensemble est coiffé d'un berceau plein cintre et les trois premières travées (D,E,F) sont sans doubleau, le premier se trouve en (G) et l'ensemble est clôturé par un simple mur pignon (H). Le transept est, lui aussi, conforme à la tradition régionale avec deux croisillons (J) flanqués de chapelles orientées (K) et coiffés de voûtes en berceaux (L). La croisée reçoit une coupole archaïque portée par quatre trompes réduites (M) et les travées contiguës (P) le traditionnel demi berceau de contrebutement. On ne sait si le programme s'est déroulé d'est en ouest ou inversement mais l'accès aux tribunes se fera par un escalier à vis (Q) aménagé dans le croisillon sud. L'ouvrage est clôturé au Levant (R) par une abside (S) et un déambulatoire (T) mais sans chapelle rayonnante. Le sanctuaire est porté par six colonnes (U) régulièrement disposées. Enfin, l'élévation respecte la composition régionale malgré quelques difficultés imposées par le découpage.
Saint Saturnin. Les archivoltes et le bas côté sud.
Saint Saturnin. Le bas côté de la nef avec voûtes d'arêtes.
Saint Saturnin. Volume latéral du massif barlong.
Saint Saturnin. Le massif barlong et le transept en interne.
Saint Saturnin. La coupole de la croisée dominant le massif barlong.
Saint Saturnin. Le chevet sans chapelle rayonnante.
Saint Saturnin. Le chevet avec déambulatoire mais sans triforium.
Saint Saturnin. Les voputes d'arêtes du déambulatoire.
Saint Saturnin. Le tour de la croisée, la seule d'origine.











