ORCIVAL
Orcivaux, se trouve sur la haute vallée du Sioulot qui se jette dans la Sioule important affluent de l'Allier. Les cheminements traditionnels ont toujours suivi les vallées où l'on rencontre âme qui vive mais à partir d'Orcival, suivre la rivière mène à un cul de sac au pied du Puy de l'Aiguiller, il faut donc cheminer au flanc des monts puis franchir le col du Guéry, border le lac du même nom pour découvrir du regard les terres de l'ouest où serpente la vallée de la Dordogne. Il était donc bienvenu de trouver là une halte de caractère religieux et la présence des braves serviteurs du seigneur dont le devoir était de guider les voyageurs dans cette passe difficile. Au XII°s. les pèlerins de Saint Jacques vont ouvrir ou rouvrir une voie plus facile entre Rochefort Montagne et Saint Sauve d'Auvergne, la Sauve étant le lieu habité que l'on rencontre après une longue marche sur les terres désertiques. Cependant, le chemin passant par Orcival demeurait dans les mémoires et son prestige religieux amenait toujours bon nombre de pèlerins. Vers 864, cette petite fondation accueille des religieux porteurs de précieuses reliques, fuyant devant les invasions normandes, c'est ce que nous dit une chronique provençale du XIII°s. Ensuite, les informations nous manquent mais aux abords de l'An Mille, le nombre de voyageurs et de pèlerins circulant en Europe s'accroît et Orcival en accueille de nombreux. Les moyens charitables des habitants de la vallée sont bien vite dépassés et aucune grande communauté s'intéresse à ce lieu isolé.
Il faut attendre 1100/1102 pour que Guillaume V, comte d'Auvergne, accorde le village et la fondation aux moines de la Chaise Dieu, à charge pour eux d'y construire une abbatiale destinée à l'accueil des pèlerins. Les moines commencent les travaux de l'église actuelle vers 1120 mais l'Épiscopat de Clermont qui entend contrôler la reconquête religieuse des hautes terres juge qu'il a son mot à dire et c'est lui qui fixe le programme. L'ouvrage sera une réplique de la belle église de N.D. du Port dont le chevet est en voie d'achèvement. Ensuite, le plan sera repris intégralement mais avec un transept régulier puisqu'il n'est pas gêné par l'existant. Les façades des croisillons reprennent les structures externes que l'on trouve à la cathédrale. La situation à flanc de colline va limiter la longueur de la nef à cinq travées et l'ouvrage est clôturé par un mur pignon dont la base est suffisamment épaisse pour recevoir les deux escaliers d'accès aux tribunes. La bonne pierre ne manque pas dans la région et l'ouvrage essentiellement réalisé en grand appareil sera achevé vers 1150/1155.
Au nord d'Issoire, l'Allier reçoit un petit affluent venant du Mont du Sancy, c'est le Couze de Chambon. La vallée fut de tout temps une voie de pénétration pour franchir la chaîne des monts par le col de la Croix Morand. Cette voie passait au pied d'une roche très caractérisée, le Mont Cornador, qui sera couronné d'un temple par les Romains qui avaient construit un établissement thermal à cet endroit. L'ensemble sera détruit lors des troubles de 260/280 et, vers 290, Saint Nectaire, compagnon de Saint Austremoine qui n'a pas eu la chance de convertir un riche sénateur parcourt ces hautes régions en portant la bonne parole. Il est rejoint pas des disciples dont Baudime et Auditor et tous s'installent dans les ruines du temple. C'est ainsi que ie site devient Saint Nectaire. L'Apôtre meurt au début du IV°s. et sa sépulture devient lieu de culte tandis qu'une petite agglomération sera construite au sommet du mont mais il faut attendre le début du V°s. pour qu'une communauté religieuse prenne le sanctuaire en charge. Sa destinée n'est pas brillante et c'est au Xll°s. que le comte d'Auvergne fait don du site au moines de la Chaise Dieu qui entreprennent l'abbatiale actuelle vers 1150. L'ouvrage sera le dernier de la lignée. Le chevet va rompre avec la tradition et le constructeur adopte un plan à trois chapelles rayonnantes (A,B,C) et six colonnes autour du sanctuaire (D). Le découpage rayonnant est régulier et des voûtes d'arêtes coiffent le déambulatoire (E) Suit une travée droite (F) avec voûtes en berceaux. A l'extérieur, et malgré cette innovation, l'élévation retrouve tous les caractères de l'école régionale. Le transept découpé en cinq travées sera flanqué de deux chapelles orientées (G,H) tandis que le voutement reprendra, lui aussi, les caractères régionaux avec berceaux sur les croisillons (J,K), demi berceau sur les travées flanquant la travée centrale (L,M) et coupole sur trompes réduites à la croisée (N). Suit une nef a quatre travées dont l'élévation repose sur des piles rondes (Q). Ensuite, nous retrouvons les structures externes ( R ) et les parties hautes respectant le concept régional. A l'ouest, le narthex (S) comporte un escalier (T) et sera surmonté de deux tours. L'ouvrage réalisé avec de gros moyens est achevé vers 1180.
Orcival. Le village et l'abbatiale. vue générale.
Orcival. Le chevet, le massif barlong et la tour clocher.
Orcival. Le chevet. Détail de la couverture en lauzes moderne.
Orcival. Le chevet en interne avec absence de triforium.
Orcival. La nef et le transept. Vue d'ensemble.





